Skip to content
1951

Une Prière à Saint-Georges

Lucie DELARUE-MARDRUS

Puissè-je t'honorer avec ferveur, saint Georges, Très gentil personnage, immortel cavalier Si droit sur ton cheval au galop délié, Ton cheval aux naseaux rouges comme des forges.

Apprends-moi le mépris du lourd dragon tortu Qui darde le bouquet monstrueux de ses langues, Toi qui l'as su tuer sans fureur ni harangues Rien que de par ta lance et de par ta vertu.

Apprends-moi, saint éphèbe, à chevaucher, à vivre Héroïque toujours au milieu des méchants, Ne sachant rien sinon mes rêves et mes chants Et tout ce qui me fait solitairement ivre.

Car je veux comme toi, cher jeune homme doré, Au vitrail lumineux figurer, noble et forte, Et rire en regardant écumer sur le pré La bête aux yeux humains vaincue et déjà morte.

Je veux être, sur mon cheval fougueux et beau, Tranquille, les yeux fiers comme à la promenade, Et, lorsqu'arrivera la suprême ruade, Mourir comme je dois, en selle, et le front haut.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Une Prière à Saint-Georges · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove