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1910

TUNIS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Nous t'aimâmes, Tunis du matin et du soir, Pour le gingembre et pour l'encens de ton haleine, Pour ton passant sculpté dans son manteau de laine, Heureux de respirer, de sentir et de voir.

Ton ciel, même la nuit, ne pouvait être noir. Pour notre âme nocturne aux ailes de phalène, Veilleuse, tu luisais, Tunis de porcelaine, Si douce en ta blancheur et ton chaud nonchaloir.

Tunis, 6 marbre ancien, ô vieil or, ô chaux fraîche Le soleil poignardait l'ombre par une brèche, Dans tes souks que la ruse arabe compliqua. Et, de jour et de nuit, parmi l'air balsamique,

Les coups à contre temps de la daraboukka Étaient les battements de ton cœur islamique.

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