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1908

TROISIÈME OCTOBRALE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ce soir, je n’ai besoin des femmes ni des hommes Pour que mon difficile cœur se sente bien. A travers mon pays Octobre sent les pommes, Et, passionnément, je possède mon bien.

Je ne veux rien déplus. La simple et bonne route Qui s’en va par les champs récoltés, le croissant Qui monte à l’horizon du rouge soir puissant Et quelques vieux pommiers tordus, me prennent toute.

Je te mords, mon pays, à même, ô pain doré ! Ma soif boit la belle eau qui court dans ta vallée. Je sens toute mon âme ivre, heureuse, comblée, Se rouler sur la terre où je retournerai.

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