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1901

TROISIÈME AUTOMNALE

Lucie DELARUE-MARDRUS

L'automne, bouquet mort qui s'effeuille sur nous, Chante au luth des roseaux comme un refrain d'aède. Le souffle d'un amant passe dans son vent tiède, Rudoyeur d'arbres d'or à même les ciels fous.

Des feuilles choient ; la mer en roule dans ses vagues ; Celles des marronniers rouent parmi les chemins ; La journée est un long crépuscule… Ah ! des mains ! Tendre des mains de rêve opulentes de bagues

Vers on ne sait quel songe immense ; et en sentit Qui vous prennent ; et fuir dans leur force qui noue Vers là-bas, vers très loin, à jamais joue à joue Avec quelqu'un qui soupirait dans ce soupir

Des roseaux, dont le souffle en la brise était tiède Et qui hantait les bois de cette âme d'aède !…

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