Assise dans la solitude
Des rideaux tirés sur la nuit,
De la lampe éclairant l'étude,
De la maison vide de bruit,
J'écoute la langue des choses
Parler dans l'ombre qui s'étend :
Il bat un cœur inquiétant
Dans le bois dur des portes closes ;
Les pieds lourds des tables muettes
Ont des craquements de fémurs ;
Un orchestre de girouettes
Grince tout à coup quelque part ;
Qu'est-ce qui hante le placard ?
Qu'est-ce qui ronfle dans le poêle ?
Quel est ce vent qui prend ce ton
Dont je frémis jusqu'à la moelle ?
Que me veut-on ? Que me veut-on ?…
O phantasme des coins moroses,
Qui donc pourra jamais savoir
Ce que tu dis quand vient le soir,
Âme ténébreuse des choses ?…