Skip to content
1902

TRESSAILLEMENT

Lucie DELARUE-MARDRUS

Assise dans la solitude Des rideaux tirés sur la nuit, De la lampe éclairant l'étude, De la maison vide de bruit,

J'écoute la langue des choses Parler dans l'ombre qui s'étend : Il bat un cœur inquiétant Dans le bois dur des portes closes ;

Les pieds lourds des tables muettes Ont des craquements de fémurs ; Un orchestre de girouettes Grince tout à coup quelque part ;

Qu'est-ce qui hante le placard ? Qu'est-ce qui ronfle dans le poêle ? Quel est ce vent qui prend ce ton Dont je frémis jusqu'à la moelle ?

Que me veut-on ? Que me veut-on ?… O phantasme des coins moroses, Qui donc pourra jamais savoir Ce que tu dis quand vient le soir,

Âme ténébreuse des choses ?…

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
TRESSAILLEMENT · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove