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1930

TEMPÊTE D'OCTOBRE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Pour remplacer partout l'ancienne verdure Par on ne sait quel iodure, Les feuilles mortes ont de si belles couleurs Qu'on peut croire qu'il pleut des fleurs.

Le féroce chasseur de la vieille ballade Parcourt cette pourpre malade. Taïaut ! C'est la tempête, au fond du lointain d'or, Qui passe et qui sonne du cor.

Tout s'effeuille, se tord, s'enfuit. La forêt bronche, Le vent immense arrache et jonche. On dirait que plus rien ne va rester debout Dans cette grande fin de tout.

Et l'on s'en va parmi cette ivresse farouche En courant, en ouvrant la bouche, Avec l'âpre désir, dans ces tourbillons d'or, De voler comme eux à la mort.

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