Quand le couchant se meurt dans tes eaux vespérales,
Mer, en passant le long de tes vagues, j'entends
Rôder en toi le chœur des âmes ancestrales
Qui, de même que moi, te hantèrent longtemps,
Les poétesses et immortelles maîtresses
A qui pesèrent trop leur cœurs gros de tendresses,
Âmes païennes, âme étrange de Sapho
Hurlant d'amour et de génie avec ton flot…
Mer ! mer ! je sens aussi que mon âme en démence
Grandit en moi pareille à ta marée immense ;
J'ai mal de me sentir semblable à toi ! Mer ! Mer !
Prends-moi donc ! Roule-moi dans ta force, âme et chair,
Pour que je puisse aussi par tes sombres vesprées
Crier comme Sapho dans la voix des marées !