A la meute qui me harcèle,
Aux aboyeurs par milliers
Je réponds : « Je ne suis pas celle
Que vous croyez, que vous croyez ! »
Non. je ne suis pas de ta race,
Vile humanité qui m'en veux
De chanter le mieux que je peux.
Va ! Glapis ! Je ne suis pas lasse.
Je te donnerai mon trésor,
Ne pouvant le donner à d'autres.
Malgré la haine où tu te vautres,
Je serai grande après ma mort.
Parfois une pauvre réponse
Monte à moi de la profondeur
De l'abîme où mon pas s'enfonce,
Et cela suffit à mon cœur.
Car je n'ai pas soif de justice.
Je chante parce qu'il le faut.
Je chanterai toujours plus haut,
Loin du mesquin et du factice.
A d'autres l'encens et le nard !
Vous m'aurez bien mal accueillie ;
Mais la gerbe que j'ai cueillie,
Vous la respirerez plus tard.
Lorsque enfin je me serai tue,
Plus de meute et plus de holà !
Qu'alors s'élève ma statue
Pour vous dire : « Elle n'est plus là… »