Le refrain lamentable et long d'une berceuse
Balançait le dolent roulis de mon sommeil,
Voix de femme qu'ennuie un chant toujours pareil ;
Et les rideaux étant fermés et la veilleuse
Fantasque dandinant des ombres aux recoins,
Moi, petit être au fond du nid, fermant les poings,
Aux yeux où la candeur puérile s'étonne,
Dans ce demi-jour vague et ce chant monotone
Je m'éveillais avec la détresse, la peur
De la veilleuse folle et du refrain pleureur,
Comme souffrant, au fond d'une âme déjà triste,
Le lent mal d'exister que personne n'assiste…