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1910

SOUS LES POMMIERS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Sous les pommiers, parmi le pré d'herbe et de branches, Au creux de la vallée on voit ta ville au loin. Quand tu te lèveras tout à l'heure, le foin Conservera la forme étroite de tes hanches.

Le soleil, ce matin, te chauffe jusqu'au cœur. Tu t'aimes dans ton pré, les coudes sur ta terre. Tu te sens transparente au soleil. Ta torpeur Te confond lentement avec le grand mystère,

Avec le grand mystère universel, vivant, Et ton âme repose, inerte et sans caprice, Comme si, ce matin, la mort germinatrice Avait déjà, de toi, fait une plante au vent.

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