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1951

Sonnet

Lucie DELARUE-MARDRUS

Tu n'as pas plus d'attrait que n'en ont les lilas Ou bien le chèvrefeuille, et tu n'es pas plus belle Que les jeunes pavots dans leur blancheur nouvelle. Et, bien que devant toi je m'incline très bas,

Ta beauté, je la puis supporter. Mais mes pas A droite, à gauche, vont, et mon regard chancelle, Car je ne trouve pas de refuge contre elle. Ainsi le clair de lune imprègne mon cœur las.

De même que celui qui, dans sa coupe, ajoute Au délicat poison chaque jour une goutte, Jusqu'à boire dix fois la mort impunément, Habituée à ta beauté, je la consomme

Dose augmentée ainsi de moment en moment, Et bois sans en mourir ce qui tua des hommes.

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Sonnet · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove