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1930

SONNERIE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Le soir vient, le ciel est en flamme, La tempête hurle à la mort. Entends-tu le cor, mon âme, Entends-tu le cor ?

La chasse court les bois, la chasse ivre et terrible, Au triple galop des chevaux, Et, par les monts et par les vaux, Monte et descend dans l'invisible.

Ventre à terre, le cerf, pour fuir avec le vent, Couche les branches de sa tête, Et le cor, qui s'en va rêvant, Sonne le trépas de la bête.

La tempête hurle à la mort, Le soir vient, le ciel est en flamme, Entends-tu le cor, mon âme, Entends-tu le cor ?

As-tu vu le cerf pâle et les chiens diaphanes Et les chasseurs, rois transparents ? As-tu vu galoper les mânes, As-tu vu les spectres errants ?

La sonnerie au loin, de ses notes de cuivre, A fait surgir le grand passé. Puisque nous ne pouvons plus suivre, Écoutons, écoutons passer !

Le soir vient, le ciel est en flamme, La tempête hurle à la mort. Entends-tu le cor, mon âme, Entends-tu le cor ?

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