Le soir vient, le ciel est en flamme,
La tempête hurle à la mort.
Entends-tu le cor, mon âme,
Entends-tu le cor ?
La chasse court les bois, la chasse ivre et terrible,
Au triple galop des chevaux,
Et, par les monts et par les vaux,
Monte et descend dans l'invisible.
Ventre à terre, le cerf, pour fuir avec le vent,
Couche les branches de sa tête,
Et le cor, qui s'en va rêvant,
Sonne le trépas de la bête.
La tempête hurle à la mort,
Le soir vient, le ciel est en flamme,
Entends-tu le cor, mon âme,
Entends-tu le cor ?
As-tu vu le cerf pâle et les chiens diaphanes
Et les chasseurs, rois transparents ?
As-tu vu galoper les mânes,
As-tu vu les spectres errants ?
La sonnerie au loin, de ses notes de cuivre,
A fait surgir le grand passé.
Puisque nous ne pouvons plus suivre,
Écoutons, écoutons passer !
Le soir vient, le ciel est en flamme,
La tempête hurle à la mort.
Entends-tu le cor, mon âme,
Entends-tu le cor ?