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1905

SONGERIE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Qui donc aura jamais des yeux comme les miens Pour les horizons bleus au bout des paysages ? Pour les horizons bleus plus doux que des visages, Qui donc aura jamais des yeux comme les miens ?

Largement, pleinement, je leur donne mon âme Qui ne peut pas tenir entière entre des mains ; C'est vers eux que je vais quand je suis des chemins, Largement, pleinement, je leur donne mon âme.

Mon âme survivra, quand je ne serai plus, Au fond des horizons où les terres sont bleues ; Dans l'éternel lointain vers qui s'en vont les lieues, Mon âme survivra quand je ne serai plus.

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