L'hiver d'ici, suant de l'eau par tous les pores,
Après l'été pesant de feuilles et de fleurs.
Dans l'allée, on dirait que les arbres en pleurs
Flottent parmi le ciel comme des madrépores.
Entre les rameaux noirs les lointains gris et bleus,
L'estuaire, le port et ma ville salée,
Les fermes et les prés et toute la vallée
Se déroulent, dans leur détail, devant mes yeux.
Je me sens bien ici, dans la monotonie
Campagnarde, si loin du monde décevant.
Et mon rêve se mêle à l'informe génie
De la terre, qui chante et pleure dans le vent.