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1908

SOIR PUNIQUE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Mes mains et mon esprit te cherchent à tâtons Devant la mer qui vit ta grandeur et ta perte, Ville qui dors sous l’orge verte Et la parole de Caton !

L’ombre éternelle tourne autour des mêmes cimes Seule je viens encore au milieu des cactus, Sur la ruine des ruines, Pour pleurer comme Marius.

Or, la nuit tombe. Un ciel orageux échelonne Ses nuages le long des quatre horizons clairs. Et, tandis que le flot roule encor des colonnes. Le couchant reconstruit Carthage sur la mer.

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