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1908

SIESTE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Les regards et les dents brillent comme des perles Au fond de la maison obscure, Cloche de fraîcheur, nuit légère qui dure Dans l’océan de la lumière qui déferle.

L’Afrique est tout autour delà maison, et brûle. Fermez les volets, fermez les rideaux ! Pour que l’insoutenable été s’annule Contre ces rideaux et ces volets clos.

Une croix de feu flamboie aux fenêtres. Mince filtration du dehors sans espoir. Et l’on entend autour de soi Ferrement noir Des mouches ivres de bien être.

Ah ! couchons-nous morts de fatigue dans les lits, Parmi le petit bruit de ces mouches funèbres, Et dormons enroulés au quadruple repli De la paradoxale et fragile ténèbre !…

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