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1905

SEPTEMBRE

Lucie DELARUE-MARDRUS

La verdure jaunit comme quelqu'un grisonne, Voici venir ma belle automne. Elle entre déjà toute en mon cœur qui l'attend : Je l'aime tant ! Je l'aime tant !…

Oh ! combien la venue est encore lointaine De ma future quarantaine ! C'est alors que, pareille à sa tristesse d'or, Je l'épouserai plus encor.

En moi, comme un fruit mûr à la branche qui plie, Pèsera mon âme accomplie, Ma sève aura fini sa joie et ses efforts ; Et, tous mes rêves étant morts,

Je ne marcherai plus ainsi qu'une étrangère Dans les feuilles sèches légères…

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SEPTEMBRE · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove