Scutari, noir berceau des plus sombres forêts,
Silence où le trépas pullule,
Même le plein soleil n'est plus qu'un crépuscule
Sur tes tombeaux et tes cyprès.
Ta poussière craquait dans la demi-ténèbre,
Semblable à la cendre des morts.
Tes stèles se mêlaient, gardant, comme les corps,
Une fraternité funèbre.
Nous marchions, regardant se dresser de partout,
O jardin dont la mort émane,
Sous tes arbres tout droits tes pierres tout debout,
Dans leur dignité musulmane.
Et nous ne rêvions pas de plus bel avenir
Que rester chez ces morts tranquilles,
Loin de toute pensée humaine, loin des villes,
Et sans plus jamais revenir.