Je demeurerai tête basse et doigts joints
A te recueillir en mon cœur solitaire
Et qui souffre et qui se meurt du terre à terre,
O toi par qui les fronts se sentent comme oints,
Béatifiante musique chrétienne
Mariée aux rouges et bleus des vitraux
Et qui fais revivre en tes bas et hauts
La si séculaire âme grégorienne.
Ton charme hypnotique endort au fond de nous
Ce qui s'y hérisse en chagrin, vice ou haine,
Comme un mauvais Saül sous la harpe amène
Et fait tomber notre orgueil à deux genoux.
Et nous oublions tout ce qui nous attaque
Et notre fatigante lutte en champ clos
Et nos secrets et nos peurs et nos sanglots
Au rythme de ta voix paradisiaque…
Ah ! viens me faire croire à l'éternité !
Pénètre jusqu'à ce cœur par cette ouïe
Pour lui verser, ô toi ! source de Samarie,
Un peu de ta fraîcheur et de ta pureté !