Au premier chant du merle dans le lierre,
Je me suis éveillée en sanglots haletants.
Quelle douleur sauvage, inconsolable, entière
D'avoir reconnu la voix du printemps !
O gosier du merle, ô réminiscence,
Comme tu fais sombrer ma tête clans mes doigts
Tu chantes le chant de l'adolescence,
Non le printemps présent, mais celui d'autrefois.
Je reconnais bien mon ancienne âme
Fraîche, double, pareille à Daphnis et Chloé…
Tant de choses ont en elle afflué
Vraiment, pour que je sois aujourd'hui cette femme
À ce chant soudain du merle, il me vient
Une mélancolie absurde et déchirante.
Comment m'expliquer ce qui parfois hante
Mes rêves, nonobstant tout le bon, tout le bien ?…