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1905

SAISONS

Lucie DELARUE-MARDRUS

En mai, dans le jardin où tous deux cheminions, La rosée allumait au soleil ses facettes ; Les branches soupesaient indolemment leurs fruits Encor verts par-dessus les grillages détruits ;

En août, nos doigts gourmands ont laissé des fossettes Dans la ronde chair rouge et verte des brugnons. En octobre, les fruits ne seront plus aux branches, L'automne répandra sa légère rousseur ;

Décembre nous rendra les lampes et la table, Mais ta bouche est un fruit rouge, mûr et durable, Et mes dents y viendront mordre de si bon cœur Que j'oublierai l'hiver et ses pelouses blanches.

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