Roses qu'étreint le vase où l'on poursuit vos tiges
Longeant, vertes, le vert trouble de se paroi,
Si la maturité vous penche au marbre froid
Où, feuille à feuille, vont s'achever vos prestiges,
Moi, voyant trépasser vos pesantes fraîcheurs,
La narine tendue aux derniers aromates,
Apprêtant mon ouïe au choc des chutes mates
Qui d'un coup mettent bas la jeunesse des fleurs,
A l'étroit de la ville, à l'étroit de la chambre,
Seule dans mon fauteuil où rêver et dormir,
Loin de l'Octobre d'or que va mordre Novembre,
Je sens mourir, j'entends mourir, je vois mourir
En vous qui me leurrez par de subtiles feintes,
Roses ! les grands jardins d'automne d'où vous vîntes.