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1902

ROSES

Lucie DELARUE-MARDRUS

Roses qu'étreint le vase où l'on poursuit vos tiges Longeant, vertes, le vert trouble de se paroi, Si la maturité vous penche au marbre froid Où, feuille à feuille, vont s'achever vos prestiges,

Moi, voyant trépasser vos pesantes fraîcheurs, La narine tendue aux derniers aromates, Apprêtant mon ouïe au choc des chutes mates Qui d'un coup mettent bas la jeunesse des fleurs,

A l'étroit de la ville, à l'étroit de la chambre, Seule dans mon fauteuil où rêver et dormir, Loin de l'Octobre d'or que va mordre Novembre, Je sens mourir, j'entends mourir, je vois mourir

En vous qui me leurrez par de subtiles feintes, Roses ! les grands jardins d'automne d'où vous vîntes.

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