Vos belles mains de race, aux lignes souveraines,
Construites pour mener la vie à grandes rênes
Et dont le geste noble et le rare contour
Évoquent le vieux temps des dames à leur tout,
Pourraient faire blémir l'orgueil de bien des reines.
Que le lourd chapelet y déroule ses graines,
Qu'y mettent les chatons leurs reflets de murènes,
Rien ne vaut, chapelet, bague, pompeux atour,
Vos belles mains.
Pour moi, que prit toujours le charme des sirènes,
Je voudrais, respirant à l'ombre de vos traines,
Qu'une caresse au moins me payât de retour
Lorsque dévotement je serre tour à tour,
‒ Si pâles dans mes doigts et froidement sereines, ‒
Vos belles mains !