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1908

ROCKING CHAIR

Lucie DELARUE-MARDRUS

Balance-toi dans ton fauteuil, ô jeune femme ! Laisse planer sur toi le tendre soir venu. Oublie un peu ta vie, et repose ton âme A regarder bouger devant toi ton pied nu.

Il fait bon ne songer à rien quand la nuit tombe. Pour ce soir seulement, ce soir presque d’été. Que ton sauvage cœur soit comme une colombe. Laisse pencher ton front étroitement natté.

Tu n’es rien qu’une enfant pieds nus qui se balance. Cligne tes yeux, ferme ton cœur ; et n’entends pas Le cri monté vers toi, plus fort que le silence. De ceux qui t’aiment trop et que tu n’aimes pas.

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