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1918

RESPONSABILITÉS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Comme une immense mer qui monte sa marée, Nous entendons la guerre autour de nous grandir. Pouvons-nous vraiment voir sans crier et bondir Tant de jeunesse massacrée !

C'est la guerre qui règne et conduit le destin. La folie en un jour s'empare de l'Europe, Et la mort qui partout, se dépêche et galope, Ne peut plus compter son butin.

Nous avons tout laissé : pensée, art, rêve, éthique. Il n'y a plus d'humains, il y a des fusils. Dans le vent des canons, les peuples sont saisis D'une rage apocalyptique.

Les fleuves par les champs coulent rouges. Le feu Dévore les cités calmes et magistrales, La ruine en une heure atteint les cathédrales, Tout saigne et meurt sous le ciel bleu.

De cette addition, quelqu'un fera la somme. Quels monstres de l'enfer ont déchaîné cela ? Qu'est-ce qui fit surgir cette horreur que voilà ?… ‒ Quelques paroles d'un seul homme.

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