Requiescat sur toi, mon enfance morte.
Je t'ai couverte de mes pleurs
Et de mes fleurs
Comme fait au petit que la fièvre emporte
Quelque mère au cœur percé des sept douleurs.
Repose en paix, ô petite silhouette
Mourante avec seuls deux grands yeux
Très malheureux
Ouverts dans ta pâleur candide et fluette
Pour qui tout était terrible ou merveilleux.
Petite âme ,ne comprenant rien aux choses,
Voyant la vie ainsi qu'un vrai conte bleu,
Simplette un peu,
Faible de son enfance et de ses chloroses,
Mais couvant déjà ses songes comme un feu,
Ouvrant ces deux grands iris visionnaires
Sur des rêves si fous, si beaux d'ombre et d'or
Dans un tel décor !
Puis jamais du goût de ces pensionnaires
Godiches, mais naïve, humble plus encor.
Petite âme se sentant comme à la gêne
Avec déjà, ô mes peurs ! de la terreur,
Sans âme sœur,
En défiance d'on ne sait quelle haine,
Avec surtout cette terreur plein le cœur…
Requiescat sur toi, petit mausolée
Que j'élève aujourd'hui dans mon cœur lassé
In pace !
Puissé-je sur ma jeunesse désolée,
Un jour, en bâtir un pur comme ce passé !