Skip to content
1918

RÉGIMENTS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Tous ces garçons qui sont partis, Tous ces soldats dressés dans l'horreur de la guerre, Ils ont été des tout petits Emmaillotés au chaud dans les bras d'une mère.

Orgueilleux et casqués de fer, Ils s'en vont vers le bruit de la foudre qu'on lance, Laissant derrière eux l'autre enfer, Pauvre enfer féminin des pleurs et du silence.

‒ Vous avez porté vos enfants, Mères ! Au plus profond de votre chair intime. Alors, vaincus ou triomphants, Vous croyez, quand ils sont tués, que c'est un crime.

Moi, voyant défiler ces gas, J'évoque avec stupeur leur naissance et ses drames, Et je songe, et je dis tout bas : « Toutes ces têtes d'homme ont fait mal à des femmes. »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
RÉGIMENTS · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove