Tous ces garçons qui sont partis,
Tous ces soldats dressés dans l'horreur de la guerre,
Ils ont été des tout petits
Emmaillotés au chaud dans les bras d'une mère.
Orgueilleux et casqués de fer,
Ils s'en vont vers le bruit de la foudre qu'on lance,
Laissant derrière eux l'autre enfer,
Pauvre enfer féminin des pleurs et du silence.
‒ Vous avez porté vos enfants,
Mères ! Au plus profond de votre chair intime.
Alors, vaincus ou triomphants,
Vous croyez, quand ils sont tués, que c'est un crime.
Moi, voyant défiler ces gas,
J'évoque avec stupeur leur naissance et ses drames,
Et je songe, et je dis tout bas :
« Toutes ces têtes d'homme ont fait mal à des femmes. »