Jusques au fond de ma maison
Romanesque à parfum de pomme,
Mesurant les fureurs de l'homme
Aux soubresauts de l'horizon,
J'entends le canon de la Somme.
Je m'en allais sonnant le glas
Sur quelque douleur personnelle,
Tout ce qu'une âme porte en elle
Qui fait qu'elle est touchée à l'aile,
Chutes d'en haut, flèches d'en bas ;
Tout cela, d'autres lourdes choses
Que je promène en ressassant,
Certains soirs où le ciel descend
Rouge et lent parmi des mers roses ;
Tout cela, mes rêves moroses ;
Tout cela dont je souffre en bloc,
Mon pain quotidien, en somme,
Tout cela s'efface, ou tout comme :
Bruit des mâchoires de Moloch,
J'entends le canon de la Somme.
Le monstre vomit et se tord,
Ici, dans ces profondeurs bleues,
Et nous pouvons pleurer encor ?
O ma peine, combien de lieues ?
‒ J'entends le canon de la mort.