Que m'importe parfois mon sort,
Les triomphes et les désastres ?
Pantelante au milieu des astres,
J'attends en frissonnant la mort.
Je ne suis plus de cette terre,
Je suis d'un monde de soleils.
Parmi leurs éclats sans pareils,
Mon âme n'est plus solitaire.
Quelle certitude me vient
D'une éternelle et vaste joie ?
Moins qu'atome, je suis la proie
Du Tout, qui peut-être n'est rien.
Je meurs ! Je meurs ! Chaque seconde
Éloigne l'enfer que voici.
Où vais-je ? Dans quel autre monde
Où l'on me dira : « C'est ici ? »