Ta patience a lui sur d'inouïs passés,
Face morte et nocturne au firmament qui sais
Le mystère profond des foules disparues,
O lune des champs et des rues !
Et quand le ciel s'argente à ton ascension,
Notre âme où s'est levée aussi ta plénitude
Ouvre sur toi deux yeux d'interrogation
Ronds d'angoisse et d'inquiétude,
Songeant ces regards-là qui virent tes soirs purs,
Et ceux-ci qui luiront ta lumière mouillée,
Alors que dormira notre race oubliée
Sous l'amas des siècles futurs.