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1901

QUATRIÈME NOCTURNE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ta patience a lui sur d'inouïs passés, Face morte et nocturne au firmament qui sais Le mystère profond des foules disparues, O lune des champs et des rues !

Et quand le ciel s'argente à ton ascension, Notre âme où s'est levée aussi ta plénitude Ouvre sur toi deux yeux d'interrogation Ronds d'angoisse et d'inquiétude,

Songeant ces regards-là qui virent tes soirs purs, Et ceux-ci qui luiront ta lumière mouillée, Alors que dormira notre race oubliée Sous l'amas des siècles futurs.

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