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1902

QUATRIÈME DÉCEMBRALE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Puisqu'il vient à passer, sur l'horreur décembrale Du dehors, ce frisson de tiédeur anormale, Je hanterai tes troncs épais comme des tours, Jardin crochu, jardin trempé des mauvais jours,

Où chaque rameau noir allonge un tentacule Pour retenir encor le fuyant crépuscule ! Tout ce coucher, captif des arbres frémissants Je le posséderai jusqu'au fond de mes sens,

Et que t'importe, alors, ô ma soif éperdue De vivre, si, dans l'air qui passe, répandue, L'odeur morne d'un coin fraîchement labouré Monte à moi tout à coup comme un « dies iræ » ?

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