Puisqu'il vient à passer, sur l'horreur décembrale
Du dehors, ce frisson de tiédeur anormale,
Je hanterai tes troncs épais comme des tours,
Jardin crochu, jardin trempé des mauvais jours,
Où chaque rameau noir allonge un tentacule
Pour retenir encor le fuyant crépuscule !
Tout ce coucher, captif des arbres frémissants
Je le posséderai jusqu'au fond de mes sens,
Et que t'importe, alors, ô ma soif éperdue
De vivre, si, dans l'air qui passe, répandue,
L'odeur morne d'un coin fraîchement labouré
Monte à moi tout à coup comme un « dies iræ » ?