Je voudrais évoquer à cause du printemps
Quelque rêve fleurant la joie et la tendresse
Où flâneraient des pas d'amant et de maîtresse
Ivres de leur amour et de leurs beaux vingt ans.
Car voici sur le bleu des ciels les aubépines,
Roses bouquets perdant au vent par millions
Leurs pétales mêlés au vol des papillons
Légers plus follement qu'un pas de ballerines.
Car voici susurrer les sursauts clapotants
Des ruisseaux clairs en qui ne dort aucune lie,
Et se mirer déjà quelque longue ancolie
Comme une étoile au fond du glauque des étangs.
Car voici les pigeons aux saluts réciproques,
Le cou gonflé d'amour et de roucoulement,
Et, comme un éventail étalé largement,
Ouvrir leur roue énorme et riche, les paons rauques.
Car les échos moqueurs aux gorges des coucous
Et les rires aigus d'hirondelles alertes
Et les cris des gibiers au sein des ombres vertes,
Tous les refrains qui sont au fond de tous les cous,
Tout ceci, tout cela, l'eau qui court, ce qui passe,
Le vent et la nuée en haut et le sous-bois
Et les champs et la route et les fleurs et les voix,
Toute cette harmonie et toute cette grâce,
C'est l'accompagnement haut et bas tour à tour
Qui soutient le duo de l'homme et de la femme,
C'est tout le renouveau chantant l'épithalame
Pour l'auguste union d'un couple dans l'amour !