Skip to content
1932

PRINTEMPS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Depuis de lointaines enfances Je sais qu'en mai l'herbe, les fleurs, L'azur, toutes les innocences, Parfums et charmes et couleurs,

Les esprits du printemps, à l'aise Sous l'averse ou sous les rayons, A travers prés, bois ou sillons, Ne se parlent qu'en langue anglaise.

Enfants de Shakespeare, tous deux, Jeune âge et fraîcheur, il me semble, Ont leur nid avec ses œufs bleus Près de la Tamise qui tremble.

Je le sais depuis bien longtemps, Quand des filles d'Albion, si douces, Sur mes premiers chemins de mousse, M'enseignaient les fées du printemps.

Et quoique allant toujours plus vite Du côté de l'âge où l'on meurt, Je sens encor cette douceur Que j'appris quand j'étais petite.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
PRINTEMPS · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove