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1908

PRESCIENCE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Orient, me veux-tu, rivage insatiable, Berceau brûlant de tant de faces endormies. Pour que je sente ainsi ma place dans ton sable. Près des déesses d’or et des sombres momies ?

Puisque je veux m’évanouir dans ta chaleur. M’en retourner vers toi comme vers mon tombeau. Vas-tu coucher aussi mon corps couleur de fleur Au sarcophage de ce sable pur et beau ?

Pourtant je viens, joyeuse en dépit du hasard. Mon âme est comme était la Grande Courtisane : Une ville perdue et sur laquelle plane Le rire inconscient et doux de Balthazar.

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