Orient, me veux-tu, rivage insatiable,
Berceau brûlant de tant de faces endormies.
Pour que je sente ainsi ma place dans ton sable.
Près des déesses d’or et des sombres momies ?
Puisque je veux m’évanouir dans ta chaleur.
M’en retourner vers toi comme vers mon tombeau.
Vas-tu coucher aussi mon corps couleur de fleur
Au sarcophage de ce sable pur et beau ?
Pourtant je viens, joyeuse en dépit du hasard.
Mon âme est comme était la Grande Courtisane :
Une ville perdue et sur laquelle plane
Le rire inconscient et doux de Balthazar.