Que d'heures qui s'en vont au passé pas à pas
Où, nés pour être deux, seule chair et seule âme,
N'ayant ni noces ni divin épithalame,
Ceux qui devraient s'aimer ne se connaissent pas !
Que d'heures ne laissant de parfum ni d'annales,
Et faites pour l'extase et le néant d'amour,
Que de nuits, que de nuits se perdent sans retour,
Que de splendides nuits banales ou vénales !
Ah ! de songer aux mots qui les auraient grisés
Parmi le clair de lune écoutés bouche à bouche !
De songer qu'ils vivront sans que leur main se touche
Et que, pour eux, ces nuits passeront sans baisers !