Le désir des amants hante le solitudes
Où se complaît ton rêve impossible et hautain,
Avide de capter ainsi qu'un aigle atteint
Ton grand cœur désailé tombé des altitudes.
Dans ta grâce rythmique et dans ta volupté
Ils détestent la route isolée où tu rôdes
sans que tiennent leurs doigts tes mains ùates et chaudes,
Sans que fasse leur force escorte à la beauté.
Ils regrettent ta joue offerte toute nue
Comme une pêche ronde où rosit le duvet,
cette bouche d'enfant dont leur baiser rêvait
Et qui ne leur tend point sa belle fleur charnue.
Il regrettent tes yeux qui brûlent le regard
Loin d'eux sous l'écrin lourd de tes paupières moites,
Ton geste absent du leur, tes inflexions coites
Et tes poses vivant leur souplesse à l'écart…
Ah ! pourquoi ta fraîcheur, puisque tu te dérobes
Dans ta haute pensée et ton mal soucieux,
Et pourquoi, sur ce cœur sombre et sentencieux,
Ces seins vivants claustrés aux plis prudes des robes ?
Pourquoi ces cheveux fous où tout l'automne dort,
Ces bras tièdes berceurs de tendresses nocturnes,
Ces hanches où revit la courbe ample des urnes,
Tant de jeunesse prête à l'amour jeune et fort,
Puisque, te reniant en ta chair tentatrice,
Le mépris de la vie humaine et de sa loi
Te fait vivre déjà comme un fantôme froid
Avant que n'ait sonné l'heure libératrice ?