Si mes yeux arrondis s'arrêtent aux vitrines
Où siègent, investis d'un orgueil de joyaux,
Cette argile et ce grès, chair douce des terrines
Plantureuses, des bols, des coupes et des pots,
Entre tout j'aimerai la rondeur de tes joues,
Vieux vase vigoureux et gonflé de néant,
Dont la forme plénière, avec son haut béant,
Naquit nue autrefois des géniales boues,
Car il me plaît, sachant que des âges finis
Dans ton creux sans fêlure ont versé leur histoire,
D'ignorer sur quels maux s'attriste ce vernis
Qui pleure à ton flanc pâle une larme si noire.