Pluie à la vitre ! Pluie, ô fraîcheur des prairies,
Larmes d'Avril ingrat pleurant la puberté
De la terre inquiète en qui couve l'Été,
Gouttes au cœur des fleurs encor si peu fleuries !
Breuvage de l'oiseau qu'altéra sa chanson,
Eau que secoue au vent la première feuillée,
Clarté des ruisselets dans de l'herbe mouillée
Et qu'un rai de soleil tiédit à sa cuisson,
Je voudrais, pluie, ô pluie odorante qui passe !
M'humecter le visage au bain de ta fraîcheur
Pour imiter les prés, l'oiseau, l'arbre, la fleur,
Et le ruisselet clair qui court dans l'herbe grasse.