Petits pieds andalous
Parmi l'intimité des fins dessous si flous
Qu'emmène aux quatre points l'allure féminine
Tout ce trotte-menu
Qui dans le cuir luisant et dans le bas ténu
Mord l'asphalte poudreux ou le pavé chenu,
Flâne, court ou gamine ;
Parmi l'intimité des fins dessous si flous,
Petits pieds andalous ;
Petits pieds andalous
Dans l'entrecroisement des faces et des loups
Au bruit des carnavals et des bals, bruits de fêtes
Pris comme en des sachets
Au satin du soulier lourd de colifichets
Valsant, sautant, tournant ainsi que des hochets,
Tournant comme les têtes ;
Dans l'entrecroisement des faces et des loups,
Petits pieds andalous ;
Petits pieds andalous
Faits pour être gardés parmi les doigts jaloux,
Pieds juste à la mesure étreignante des paumes,
Appeleurs de baisers,
Chauds et vivants ainsi que des oiseaux posés,
Jolis comme des mains d'être blancs et rosés ;
Dans la plume douillette et de précieux baumes
Faits pour être gardés parmi les doigts jaloux,
Petits pieds andalous ;
Petits pieds andalous,
Vous qui ne courez point où vont les guilledous,
Je vous aime, petits petons d'honnête femme
Parce qu'en vous s'affirme et s'achève l'attrait
Tout ensemble discret
Spirituel et fin qu'ainsi qu'un doux secret
Garde dans tout son port cette perle : la dame,
Vous qui ne courez point où vont les guilledous,
Petits pieds andalous !