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1901

PAX

Lucie DELARUE-MARDRUS

Arrêtée, accoudée à te voir, mer nocturne, Tandis que traîne au ciel un reste de couchant, Je t'écoute rouler ton flux ainsi qu'un chant vers ma pose immobile et mon front taciturne.

Au fond du parc, les fleurs ferment leurs encensoirs, Mais dans l'obscurité qui s'avance avec l'heure, O claire ! à l'horizon ta lumière demeure, Comme une grande perle entre les arbres noirs.

Et, tout l'être baigné de nuit, seule invisible, Oubliant les présents, les hiers, les demains, J'adore, alors le front tombé dans mes deux mains, L'Infini que, là-bas, clame ta voix paisible…

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