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1910

PASSAGE

Lucie DELARUE-MARDRUS

O finissant octobre, adieu les chaudes joies ! Cette nuit d'étoiles, les oies Sauvages ont passé tout en-haut du ciel clair, Comme les anges de l'hiver.

D'ici nous entendions le grondement des ailes. Elles apportaient avec elles, Parmi des cris aigus, le cortège du gel, Tout le vaste hiver solennel.

Autour de nous, c'était le nocturne estuaire. Le monde entier semblait se taire, Comme pour écouter ce grand vol migrateur Crier la fin de la chaleur.

Nous qui dormions, surpris par la voix de Norvège Annonciatrice de neige, Nous nous sommes dressés, sentant avec émoi Cela passer sur notre toit.

— Grands oiseaux de blancheur dans la nuit, voix de fête Saluons tout ce qui s'apprête ! Quelque chose va vivre et quelque chose est mort… Noël ! Voici venir le Nord.

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