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1951

Par ma fenêtre ouverte…

Lucie DELARUE-MARDRUS

Par ma fenêtre ouverte où la clarté s'attarde, Dans la douceur du soir printanier, je regarde… Chaque arbre, chaque toit qui s'élance dans l'air, Tel le roc qui finit où commence la mer,

Marque la fin d'un monde au bord d'un autre monde. Ici la terre et là le vide où, toute ronde, Cette terre, toupie en marche dans l'éther, Sans sa pauvre ceinture d'air

Ne serait à son tour qu'une lune inféconde. Je contemple ce toit et cet arbre, montés Vers l'insondable énigme et ses immensités. En bas, la rue est calme et le printemps tranquille.

Rien ne trouble la paix de la petite ville. On entend au lointain un merle. Il fait très beau. C'est tout. — Pourquoi mes yeux regardent-ils si haut ?

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