Pâquerettes, gouttes de lait,
Et vous, touffes de primevères,
Le long des prés restés sévères
Vous charmez l'avril aigrelet.
Aucun bourgeon encore n'ose,
Aucun oiseau ne sait encor.
les arbres semblent de bois mort,
Pas une aubépine n'est rose.
Mais, dans ce printemps sans couleurs,
De-ci, de-là, pesantes branches,
Poiriers et cerisiers en fleurs
Balancent des chapelles blanches.
Avril ! L'herbage est étonné
Des petites fleurs qu'il a faites.
O primevères, violettes,
O sourire de nouveau-né !
Tout est en suspens, tout hésite.
Qu'arrive-t-il donc, maintenant ?
Qu'est-ce donc que ce revenant
Délicieux qui nous visite ?
L'hiver est-il vraiment fini ?
Ce n'est peut-être qu'une histoire ?
Cependant il faut bien le croire :
Voici trois œufs bleus dans un nid.