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1932

OXFORD

Lucie DELARUE-MARDRUS

Près d'un feu de charbon de terre, En Angleterre, Je songe, hors du malfaisant Temps présent.

Les tours d'Oxford sont dans mon rêve. Il me soulève Ce vaste souffle toujours là De l'au-delà.

J'ai, sur les orgues anglicanes, Pleines d'arcanes, Entendu chanter le passé Tout émoussé,

Et les blasons de tant de pierres Et de verrières, Bleus et rouges, vifs coloris Parmi le gris,

Le rire de chaque gargouille, Tout ce qui fouille Ce musée encore vivant Où court le vent,

Impressionnante assemblée Arquée, ailée, Crénelée, et qui, dans ce lieu, Parle de Dieu,

Semblait dire : "Voyez ! Je reste, Mais je proteste. Car je suis la noblesse, moi, L'ordre, la foi.

"Au travers de la nue en fuite, A vous la suite ! Que laisserez-vous dans le ciel D'essentiel ?"

Et nous, détournant le visage : "O Moyen-âge, O splendeur, grand spectre doré, Miserere…"

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