Si tu meurs aux trois temps d'une valse lointaine,
Suranné souvenir, sentimentalité !
Seul, te conserve encor quelque fidélité
L'orgue de Barbarie où pleure ta rengaine.
Les fantômes de ceux qu'autrefois tu plias
Sous ton joug, sortent tous de la vieille musique :
Le Boulevard de Gand y danse, et la phtisique
Marguerite Gautier, Dame aux Camélias.
Le clair de lune, ancienne histoire, est dans la boîte
Et mêle sa douceur à ces rythmes rouillés
Où, passionnément, l'âme des parcs mouillés
Sanglote avec l'amant conte une épaule moite…
Grandes dames aux doigts pétrisseurs de gâteaux
Qui relisiez, les soirs, Monsieur de Lamartine !
O nuits d'enlèvement, diligence argentine,
Tremblotante bougie aux vitres des châteaux,
Il faut mourir avec cet orgue, tous et toutes !
Mourir en nous avec vos grands événements.
La fièvre d'aujourd'hui chauffe d'autres romans
Que vos folles amours à grelots sur les routes.
Nous sommes l'âge abstrait du drame des cerveaux,
L'aventure y demeure au fond de la pensée…
Quant à la passion, elle est déjà passée
Au galop pommelé de vos quatre chevaux !