Dites, la chaîne d'or qu'entre vos doigts artistes
Vous maniez et balancez,
S'il y pend ces opales tristes
Est-ce lorsque vos yeux sont laissés
Baissés
Pour quand même un rappel de vos prunelles chères
Si claires ?
Contre vous ces bijoux, où revit, croirait-on,
Dans le très peu qu'est un chaton
L'immense qu'est un crépuscule,
Comme une goutte minuscule
Bascule,
Tremblent comme pour choir avec un point brûlant
Au flanc,
Et la lutte s'engage en reluisances vagues
Entre elles et vos glauques bagues
Et vos très fantasques iris
Verts, gris,
Ou bleus suivant l'instant ainsi que l'onde étrange
Qui change.
Mais, lorsque le chagrin mouille votre regard
Ou bien quelque émotion d'art,
Quelle allusion saisissante !
Chaque opale phosphorescente,
Glissante,
Figure l'un des pleurs que distillaient en eux
Ces yeux.
Et, presque, l'on voudrait tendre une main ouverte
A la prunelle bleue et verte
Quand les larmes vont y monter
Pour à ses paumes emporter
Hâté,
Un peu de ces beaux yeux verseurs, flambants et pâles,
D'opales.