En robe de deuil et sous ton chapeau sombre
Où lui la tache de lune de tes cheveux,
Demeure avec moi sans lumières, si tu veux
Enchanter mon amour saturnien de l'ombre.
Je ne te vois que lorsque s'en vont tes contours
Absorbés par le clair-obscur propice
Où, seul, un coin de bouche accuse un maléfice
Railleur, sous ton profil comme au temps des Cours,
Où tes yeux bleus troublés qui toujours fuient la gêne
Du morose grand jour me fixent enfin,
Pleins de la vérité de leur vice sans fin
Triste et grand comme un rêve et sans honte ni haine…
Ainsi, tu seras le premier spectre du soir,
Et je posséderai cette imprécise dame,
Noire parmi des lys respirés sans les voir, —
En un baiser muet plus profond qu'une lame.