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1932

NUIT DE MAI

Lucie DELARUE-MARDRUS

Sous le ciel nuageux qui luit, les arbres noirs, ombres énormes, Sans détails ne sont que des formes. Les grillons remplissent la nuit.

Leur craquement tient tout l'espace, Racontant ce qu'on ne voit pas, Les boutons d'or dans l'herbe grasse, Le trèfle, les derniers lilas,

Racontant le mai qui s'exalte, Enivré dans son bain d'or vert, Le bouton de rose entr'ouvert, La sève qui monte sans halte.

Ainsi tout ce qu'on ne peut voir Emprunte aux grillons leur romance… O grillons, petit bruit immense De la nuit, printemps blanc et noir !

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NUIT DE MAI · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove