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1908

NOSTALGIE

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ville de mon autocratie et de ma fête, Paris, j’ai maintenant assez de ton péché. Je voudrais de nouveau le soleil sur ma tête Et l’Afrique à mes pieds comme un lion couché.

S’il faut, pour n’être plus despotique et câline, Secouer d’un seul coup d’épaules tes parfums. Partons ! Retournons-nous vers des visages bruns, Refaisons-nous bientôt une âme bédouine,

Afin de revenir quelque jour sans desseins Autres que contenter notre cœur variable, Pour rouler plus sauvagement dans tes coussins Un être ivre d’oubli, de Sud, de ciel, de sable…

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