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1910

NOCTURNE PARISIEN

Lucie DELARUE-MARDRUS

Ces premiers jours de juin, comme on est étonné Qu'il fasse encore jour, môme après le dîner ! L'on joue au piano, l'on ne sait pas quoi faire, Puis l'on va se coller à la fenêtre claire.

Des vols de martinets ont des rires aigus, Comme autrefois, au temps qui ne reviendra plus. Trois peupliers. Paris dedans. La Seine rampe. Il fait clair. Et pourtant c'est l'heure de la lampe.

C'est un soir d'autrefois… On le croyait, alors, Quelque chose ou quelqu'un vous attendait dehors. On était là, contre la vitre, inassouvie. On espérait tout bas. On ignorait la vie.

Ah ! l'on ne savait pas, bel été, bel été, Que, dehors, il n'y a que la méchanceté…

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